Une fonctionnaire européenne victime de propos antisémites avant d’être frappée: l’agresseur condamné

8 Octobre 2018
Domaine d'action: Vie en société
Critère de discrimination: Racisme

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a donné raison à Unia et à une fonctionnaire européenne qui avait été victime de propos antisémites et de coups et blessures avec circonstance aggravante. “Le juge a qualifié les faits de graves et inadmissibles”, précise Patrick Charlier, directeur d’Unia, qui s’inquiète des agressions verbales et menaces à l’égard des Juifs de Belgique. 

Une fonctionnaire européenne victime de propos antisémites avant d’être frappée: l’agresseur condamné

Les faits remontent à juillet 2015. Une fonctionnaire européenne, installée à la terrasse d’un café du quartier européen, est interpellée par le discours d’un homme visiblement agité, fonctionnaire européen lui aussi, et qui brandit une plaque mentionnant le nom de Mussolini, l’ancien dirigeant fasciste italien. Le même homme tient alors des propos contre les juifs regrettant "qu’Hitler n’ait pas terminé son travail". C’est alors que la fonctionnaire européenne intervient en rappelant qu’Hitler et Mussolini étaient des dictateurs et des criminels. L’homme lui assène alors des propos antisémites avant de la frapper au visage. Cela en présence d’au moins un témoin.

La victime prend ensuite un contact avec Unia qui décide de se pourvoir en Justice à ses côtés.

En septembre dernier, la 57e chambre correctionnelle de Bruxelles donne entièrement raison à la victime et Unia. Toutes les préventions sont établies, que ce soit l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination ou les coups et blessures volontaires avec la circonstance que l’un des mobiles de l’infraction était la haine, le mépris ou l’hostilité vis-à-vis de de personnes de confession juive. Le juge a toutefois décidé  d’une suspension probatoire du prononcé pendant 3 ans, à condition que l’homme suive une thérapie par rapport à son alcoolisme, ainsi qu’une une formation à la tolérance dans une association luttant contre le racisme, l’antisémitisme et l’intolérance. Au niveau civil, la victime reçoit 500 euros de dommage moral.

Pour Unia, le jugement est un signal qui doit être entendu. « Il faut bien retenir les mots du juge qui qualifie ces faits de graves et inadmissibles, d’autant plus que l’accusé est un fonctionnaire européen, et qu’il doit être un modèle en matière de respect des valeurs de la diversité et de la loi. »

Si Unia traite peu de dossiers de discrimination structurelle (emploi, logement etc.) envers les personnes d’origine juive, il faut néanmoins s’inquièter des agressions verbales et des menaces envers les juifs. De plus, l’expression de cet antisémitisme émane de tous les groupes qui composent notre société. Des rapprochements et des espaces de dialogue entre les différentes communautés devraient dès lors être favorisés et stimulés.

La cyberhaine (dans toutes les déclinaisons : sites web, blogs, emails, forums de discussion, mais surtout réseaux sociaux) demeure le premier vecteur de l’antisémitisme et du négationnisme. L’antisémitisme en ligne s’exprime ouvertement, au travers de stéréotypes, de propos dénigrants ou violents formulés à l’égard des juifs ou en invitant l’internaute à consulter des sites négationnistes.

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