L’antisémitisme est toujours présent

27 Janvier 2020
Domaine d'action: Vie en sociétéInternet
Critère de discrimination: Racisme

Il y a 75 ans, jour pour jour, le camp d'extermination et de concentration d'Auschwitz-Birkenau était libéré. Malheureusement, l’antisémitisme n’a toujours pas disparu. En Europe, il est même en hausse comme l'atteste notre précédent rapport annuel. La Belgique n’échappe pas à la tendance. À côté des agressions verbales en hausse en 2018, des agressions physiques et des intimidations, Unia constate également davantage de dégradations d’objets et de symboles.  

    En tant qu’organisation de défense des droits de l’Homme, Unia est compétent depuis 1995 pour intervenir dans des situations qui tombent dans la sphère de la loi contre le négationnisme. Nous avons déjà listé les jurisprudences importantes sur l’antisémitisme de 2001 à 2014. En 2017, 2018 et 2019, nous sommes allés plusieurs fois en justice.  

    L’antisémitisme est toujours présent

    2017 : condamnation de personnes publiques 

    Deux arrêts liés à des propos antisémites et négationnistes tenus par des personnalités publiques ont été rendus en 2017. Ils sont importants dans la mesure où ils sanctionnent des propos intolérables tenus par une personne dont le retentissement de ses propos dépasse celui d’un simple quidam.  

    • Le 7 juin 2017, la Cour de cassation a confirmé que l’humoriste français Dieudonné Mbala Mbala (dit Dieudonné) a incité à la haine, à la violence ou à la discrimination. À la suite d’une plainte d’Unia, du Foyer culturel juif de Liège et du CCOJB, l’humoriste controversé avait été sanctionné pour avoir tenu des propos discriminatoires, antisémites, négationnistes et révisionnistes lors d’un spectacle en 2012. Dieudonné avait instrumentalisé un spectacle soi-disant humoristique pour construire et diffuser un discours antisémite.  
    • Le 20 Septembre 2017, la cour d’appel de Bruxelles a confirmé les préventions pour propos négationnistes et propos incitant à la haine antisémite tenus en 2014 par l’ancien député Laurent Louis. La cour lui a accordé une suspension probatoire du prononcé pendant 5 ans à certaines conditions. Il doit visiter cinq camps de concentration en cinq ans et écrire des comptes-rendus sur son blog. Le CCOJB (Comité de coordination des associations juives de Belgique) avait initié une citation directe à laquelle Unia s’était joint, sur base de plaintes antérieures.
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    2018 : de discours de haine à crime de haine 

    • Le 27 avril 2018, le tribunal correctionnel d'Anvers a condamné un individu pour infraction à la loi contre le négationnisme sur son lieu de travail. Unia s'était constitué partie civile. L'homme avait en présence de plusieurs collègues, dont un certain nombre étaient d'origine étrangère, affirmé que « Hitler avait été gentil  » et que « le gazage des Juifs n'était qu'un détail de l'Histoire ». Divers objets évoquant les sympathies nazies de l'homme ont été retrouvés à son domicile qui a été perquisitionné dans le cadre de la loi sur les armes.
    • Le 25 juin 2018, un homme a été condamné par le tribunal correctionnel d'Anvers pour des faits de harcèlement commis dans le quartier juif. Pour Unia, il s'agissait clairement d'un délit de haine, raison pour laquelle il a décidé de se porter partie civile. L'homme avait délibérément visé des personnes juives ainsi que des signes de leur foi, via divers actes de destruction et de vandalisme.  
    • Le 21 septembre 2018, le tribunal correctionnel de Bruxelles a donné raison à Unia et à une personne victime de propos antisémites et de coups et blessures avec circonstance aggravante. En 2015, alors qu'elle est installée à la terrasse d'un café, celle-ci est interpellée par le discours d'un homme visiblement agité qui brandit une plaque mentionnant le nom de Mussolini et dit regretter que « Hitler n'ait pas terminé son travail ». Lorsqu'elle intervient, l'homme lui assène des propos antisémites avant de la frapper au visage.
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    2019 : attentat au musée juif 

    Unia s’est constitué partie civile dans la fusillade au musée juif du 24 mai 2014. De cette manière, Unia ne se contente pas de soutenir les victimes. Nous veillons également à ce que le motif antisémite soit examiné pendant le procès. En répondant à la question de la culpabilité, le jury a établi que l'attentat avait été commis intentionnellement dans le but d'effrayer la communauté juive en particulier.  

    Le 12 mars, la Cour d'assises de Bruxelles a reconnu que les auteurs de l'attaque étaient "déterminés à nuire à la population belge en général et à la communauté juive en particulier et à causer de graves dommages à l'État belge". 

    L’antisémitisme est toujours présent

    En 2019, ces condamnations de discours de haine ont été obtenues : 

    • Le 21 mars 2019, la Cour d'appel d'Anvers a confirmé qu'une personne qui avait crié à plusieurs reprises "Khaybar, ô Juifs, l'armée de Mahomet reviendra contre les Juifs" lors d'une manifestation pro-palestinienne à Anvers, avait ainsi incité à la haine ou à la violence contre la communauté juive. 
    • Le 7 mai 2019, le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné l’ancien député Laurent Louis pour négationnisme et incitation à la haine. Il avait affirmé sur les réseaux sociaux que "les sionistes avaient financé Adolf Hitler pour déclencher la Seconde Guerre mondiale et obtenir ainsi la création de l'État d'Israël". 
    • Le 21 mai 2019, le tribunal correctionnel de Gand a condamné un homme qui avait fait le salut nazi lors d'une audience de la cour d'appel de Gand. Lors de son interrogatoire, il a déclaré qu'il niait l'existence de l'Holocauste et qu'il était fier d'être révisionniste. Au moment du prononcé du jugement devant le tribunal correctionnel, il a renouvelé son geste. 
    • Le 11 juin 2019, le tribunal correctionnel de Bruxelles a condamné un homme pour incitation à la haine, à la violence et diffusion d’idées de supériorité raciale. L’individu glorifiait le nazisme sur Twitter. Il a partagé une photo d’une personne qui faisait un salut nazi assortie de la phrase « Notre malheur a un nom : juif » et d’autres vidéos qui incitant à la haine à l’égard des Juifs. Il a également publié un texte indiquant qu’en juin 1944 et juin 1945, les Afro-américains étaient responsables de 84% des viols. 
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    Le signalement paie 

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