Les chiffres de l'antisémitisme en 2025 : Persistance d’un taux très élevé de signalements et de dossiers
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À la suite de l’explosion d’origine criminelle survenue devant la synagogue de Liège dans la nuit du 8 au 9 mars 2026, Unia souhaite alerter sur la persistance d’un taux très élevé d’antisémitisme dans ses signalements et ses dossiers pour l’année qui vient de s’écouler.
Les cas d’antisémitisme peuvent être pris en compte à partir de plusieurs lois :
- La Loi Antiracisme (1981) : plus précisément le critère de l’ascendance, qui vise essentiellement des faits visant les Juifs. Notons que l’époque était marquée par plusieurs attentats antisémites en Belgique et en Europe.
- La Loi Négationnisme (1995) : cette loi punit le fait de nier publiquement, de minimiser grossièrement, de justifier ou d’approuver le génocide commis par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale
- La Loi Antidiscrimination (2007) : plus précisément la conviction religieuse ou philosophique, dans ce cas le judaïsme.
- Le Code pénal qui comporte des circonstances aggravantes lorsqu’une infraction est commise avec un “mobile abject”, notamment fondé sur la haine, le mépris ou l’hostilité à l’égard des Juifs.
Tous les ans, les signalements et les dossiers qui en découlent sont comptabilisés et publiés. 2025 reste avec 2024 une année record en termes de signalements reçus et de dossiers ouverts par rapport aux années antérieures. Les 192 signalements et les 70 dossiers ne sont qu’une partie des faits d’antisémitisme, le sous-rapportage étant une réalité, comme pour tous les autres critères.
La plupart des dossiers ouverts pour antisémitisme concernent le domaine des médias (en nette augmentation - majoritairement des propos haineux sur les réseaux sociaux), suivi par le domaine de la vie en société (plutôt en baisse – vise les faits qui se passent dans l’espace public, dans les transports en commun, entre voisins, comme des menaces, insultes, tags...).
L’analyse des comportements légalement interdits dans les dossiers clôturés en 2025, mène au constat que les discours de haine constituent la plus grande part des dossiers (46%), devant le négationnisme (32%), qui est également une forme de discours de haine et les délits de haine (17%).
Les discriminations sont, en revanche, particulièrement peu présentes dans nos dossiers par rapport à d’autres critères protégés. Ces manifestations de l’antisémitisme sont spécifiques, les autres formes de racisme qui nous sont signalées concernent proportionnellement bien davantage de cas de discriminations (logement, travail, école, services...) et proportionnellement moins d’actes et de discours de haine.
Globalement, l’augmentation de signalements et des dossiers pour antisémitisme, qui débute en 2023, est corrélée avec l’actualité internationale. De nombreux dossiers dénotent un amalgame entre les Juifs de Belgique, l’Etat d’Israël, la politique de son gouvernement et les actions de son armée. Ils sont perçus de manière explicite ou implicite comme cautionnant et/ou étant responsables d’actes, qui sont par ailleurs dénoncés comme étant des violations du droit international et des droits humains. Cet amalgame doit être condamné avec la plus grande fermeté.
Voir notre rapport sur l’antisémitisme en Belgique (2024).
L’attentat devant la synagogue est déjà le deuxième évènement récent de ce type à Liège, après la profanation de la tombe Jean Gol. Comme lors de ce premier fait, Unia a pris l’initiative d’ouvrir un dossier sous forme d’autosaisine afin d’être tenu au courant des dernières évolutions et d’entamer les démarches nécessaires.
Unia appelle également les titres de presse à modérer les commentaires sous les articles qui traitent de ces sujets sur leurs réseaux sociaux, voire à supprimer la possibilité de commenter les articles qui suscitent ces réactions de haine. Nous avons en effet constaté de nombreux commentaires haineux, antisémitises, antimusulmans et racistes qui polarisent davantage dans un climat général anxiogène pour la communauté juive et pour d’autres communautés.
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