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Violente agression raciste d’une aide-ménagère à Malines : Unia et la victime gagnent le procès

16/03/2026
  • Communiqué de presse
  • Critères raciaux

Après 3 ans d’attente, le verdict tombe enfin pour une aide-ménagère ayant été victime d’une violente agression raciste. Le tribunal correctionnel d’Anvers, division de Malines, a condamné l’accusé, en première instance, à un an de prison ferme, une amende et des dommages et intérêts pour la victime.  Unia était partie civile dans ce procès. La personne condamnée va en appel.

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Anne Salmon

Attachée de presse

Les faits

En juillet 2023, une aide-ménagère noire de 59 ans, employée par une société de titres-services, se rend chez sa nouvelle cliente afin de se présenter, une pratique habituelle dans ce secteur. 

À son arrivée, elle croise l’aidant proche de sa cliente, qui habite sur place, en train de travailler dans le jardin. Elle est victime de multiples insultes racistes de sa part. Il lui interdit l’accès à la propriété et lui dit de "retourner dans son pays”. 

L’aide-ménagère tente malgré tout de sonner à la porte de sa cliente, la situation s’envenime et l’homme en question la frappe à trois reprises à l’épaule avec une fourche. Il la poursuit en menaçant de la tuer si elle ose remettre les pieds sur la propriété. L’aide-ménagère s’enfuit, en état de choc. Elle appelle son employeur, qui lui recommande d’aller porter plainte à la police, et demande à un ami de venir la chercher.

À la suite de cette agression, la victime garde des séquelles physiques et psychologiques graves et se retrouve en incapacité de travail pendant plusieurs jours. 

Elle porte plainte à la police et fait un signalement chez Unia.

Lors des auditions, l’agresseur a confirmé avoir demandé qu’on lui envoie « quelqu’un d’ici », ce qui pour lui signifiait une personne blanche. La responsable de la société de titres-services a déclaré qu’il était venu peu après les faits se plaindre que ses critères de sélection n’avaient pas été pris en compte, et “qu’il ne fallait pas lui envoyer de personnes noires, qu’il allait les démolir, qu’elles n’avaient rien à faire ici”.

Verdict

Le verdict est tombé le 13 février 2026. L’accusé a été condamné pour coups et blessures volontaires avec mobile raciste, violences volontaires dans l’exécution du travail mais aussi injonction de discriminer (Coups et blessures volontaires avec mobile raciste (article 405quater du Code pénal), acte de violence volontaire lors de l’exécution du travail (article 119 du Code pénal social + article 32bis de la loi relative au bien-être des travailleurs lors de l'exécution de leur travail), injonction de discriminer (article 25 de la loi antiracisme - article 255 du nouveau Code pénal à partir d’avril)). En plus d’un an de prison ferme il est condamné à payer une amende de 2400 euros et des dommages et intérêts à hauteur de 4372 euros pour la victime. 

Le juge a souligné que « L’accès à l’emploi doit être apprécié sur la base des compétences et du respect de la dignité humaine, et non sur des préjugés ou des stéréotypes. » 

Bien que la société de titres-services ne fût pas partie à la cause, le jugement souligne sa responsabilité afin de garantir le bien-être de son personnel, d’évaluer les risques et de prendre les mesures appropriées lorsque des clients manifestent des signes d’intolérance ou d’hostilité.

La condamnation a eu lieu en première instance et la personne condamnée va en appel.

C’est la 1e fois que le client d’une société de titres-services est condamné pour injonction à discriminer.
Patrick Charlier, directeur d’Unia

Problème connu et récurrent

Cet incident s’inscrit dans une problématique davantage structurelle. Il y a moins d’un an, l’émission Factcheckers de la VRT montrait, par le biais d'une caméra cachée, que 60% des sociétés de titres-services répondaient encore positivement aux demandes discriminatoires des clients, malgré les sensibilisations et les formations des autorités régionales et des partenaires sociaux. Unia avait également réagi à l’époque

Maintenir une demande discriminatoire en tant que client ou y répondre en tant qu'entreprise de titres-services constitue une violation des lois fédérales anti-discrimination et est donc punissable. La sensibilisation est une bonne chose, mais elle ne suffit pas. Il faut également un cadre clair pour l'application de la Loi, avec des tests de discriminations et des sanctions. Ne pas intervenir renforce la précarité professionnelle des aides ménagères et ne fait qu'entraîner une augmentation du nombre de cas, qui mettent parfois en danger les aides ménagères en danger dans l'exercice de leur métier.
Patrick Charlier, directeur d’Unia
  • Critères raciaux

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