Retour sur les propos de Sophie Straat lors des Gentse Feesten
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Unia a reçu des centaines de signalements à la suite de l'appel lancé par cette artiste néerlandaise, demandant à "tous les hommes blancs" de se placer à l'arrière du public. Après analyse, Unia estime qu'il n'existe pas suffisamment d'indices permettant de conclure à une violation de la législation antidiscrimination ou à une incitation à la haine répréhensible.
Les faits
Sophie Straat a déclaré lors de son concert :
"Il n'y a jamais de temps pour la nuance. Nous avons depuis longtemps dépassé l'époque de la nuance. Tous les hommes blancs, derrière ! C'est le moment des filles, des personnes queer et des personnes racisées. Pas de temps pour la nuance : nous sommes déjà trop tard, depuis longtemps trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs derrière, les hommes blancs derrière !".
Selon différents témoins et les informations relayées par les médias, cette déclaration a été faite juste avant sa dernière chanson, De witte duif ("La Colombe blanche"). Elle a invité les femmes, les personnes queer et les personnes racisées à se rapprocher de la scène afin de participer au pogo (mosh pit). Elle a ensuite clôturé son concert par un appel à la solidarité envers les victimes de discrimination.
Une question légitime
Unia comprend que certaines personnes aient pu ressentir ces déclarations comme blessantes, stigmatisantes ou polarisantes. Dans le cadre d’un débat démocratique, il est légitime de se demander si ces propos étaient appropriés ou au contraire contre-productifs. Mais sont-ils pour autant contraires à la législation belge antidiscrimination ?
En tant qu'organisme de promotion de l'égalité compétent notamment pour les critères protégés de la couleur de peau et de l'origine, Unia a examiné la situation à la lumière de la législation antidiscrimination. L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, compétent pour les questions liées au sexe et au genre, a procédé à la même analyse.
La liberté d'expression examinée de près
Dans sa déclaration, Sophie Straat faisait référence à des critères protégés tels que le genre ("hommes") et la couleur de peau ("blancs").
Pour déterminer s'il s'agit d'une discrimination au sens de la loi, le contexte dans lequel ces déclarations ont été faites est déterminant. Sophie Straat a tenu ces propos à la fin d'une prestation artistique portant un message politique visant à dénoncer les inégalités structurelles.
Selon la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, les expressions artistiques et politiques bénéficient d'une large protection au titre de la liberté d'expression, même lorsqu'elles provoquent, choquent ou blessent.
Dans ce contexte, l'appel semble avant tout constituer un geste symbolique destiné à dénoncer des rapports de pouvoir existants, plutôt qu'un véritable appel à l'exclusion.
Par ailleurs, rien n'indique que les hommes blancs aient effectivement été exclus du concert ou empêchés de participer aux activités du festival.
L'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes est parvenu à la même conclusion, tout comme Discriminatie.nl, l'organisme néerlandais de signalement des discriminations, qui a examiné des plaintes comparables concernant un autre concert de Sophie Straat.
Les analyses et avis d'Unia n'ont pas de caractère contraignant. Seul un juge est habilité à se prononcer définitivement sur cette question.
Conclusion
Quelle que soit l'appréciation que l'on porte sur les déclarations de Sophie Straat, les messages de haine antisémites, les menaces ou toute autre forme d'intimidation sont inacceptables.
Unia rappelle que les divergences d'opinion sur ce type de questions ne doivent jamais conduire à la haine, à l'intimidation ou aux menaces.
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