L’antisémitisme est toujours présent, surtout sur internet

27 Janvier 2018
Domaine d'action: Tous les domaines
Critère de discrimination: Racisme

Il y a 73 ans aujourd’hui, les survivants d’Auschwitz ont été libérés. Malheureusement, l’antisémitisme n’a pas encore disparu. En 2016, nous avons reçu chez Unia pas moins de 109 signalements pour des faits antisémites – plus du double qu’en 2015. Notre constat est qu’il y a moins d’agressions verbales, mais que le nombre de déclarations antisémites sur internet augmente fortement. 

    En tant qu’organisation de défense des droits de l’Homme, Unia est compétent depuis 1995 pour intervenir dans des situations qui tombent dans la sphère de la loi contre le négationnisme. Nous revenons aujourd’hui sur plusieurs affaires marquantes concernant des propos antisémites.

    « Mort aux juifs »

    Entre 2001 et 2002, des inscriptions antisémites (« sale juif », « mort aux juifs »...) ainsi que des croix gammées ont été tracées à la craie sur les valises de voyageurs reliant Bruxelles à Tel Aviv. L’auteur était un travailleur d’une société de manutention des bagages opérant à l’aéroport de Zaventem.

    Unia et le Comité de coordination des organisations juives de Belgique (CCOJB) se sont constitués partie civile. L’auteur a été condamné en 2006 par le tribunal correctionnel de Bruxelles.

    “Hamas, Hamas, tous les Juifs au gaz”

    Au cours d’un match de football entre la Belgique et Israël en 2004, un des supporters a lancé des menaces à l’encontre des joueurs de l’équipe israélienne : « mort aux Juifs », « Heil Hitler », « Hamas, Hamas, tous les Juifs au gaz »… Il a également attisé d’autres supporters. Des crachats ont été lancés contre quelques joueurs israéliens et le match a dû être interrompu.

    Unia, le Forum voor Joodse Organisaties (FJO) et la ville d’Hasselt où se jouait le match se sont constitués partie civile dans cette affaire. Le tribunal correctionnel d’Hasselt a condamné le supporter en 2007 à une peine de 100 heures de travail d’intérêt général ou à une peine d’emprisonnement subsidiaire de sept mois pour incitation à la haine des juifs.

    « Adolf tu t’en étais bien occupé, mais tu ne peux plus »

    Un internaute a posté en 2012 des commentaires racistes et négationnistes sur le site internet de la revue Joods Actueel. Il a notamment écrit: « Je veux à nouveau des chambres à gaz pour que ces sales juifs répugnants puissent prendre une bonne douche. »

    Unia s’est constitué partie civile et l’auteur a été condamné par le tribunal correctionnel d’Anvers à une peine de prison de 4 mois (avec sursis) et une amende de 600 euros pour infraction à la loi contre le racisme et à la loi anti-négationnisme. Il a également été déchu de ses droits civils et politiques pour une période de 5 ans.

    « Les chambres à gaz, un détail de l’Histoire. Est-ce si faux que cela? »

    Le CCOJB a cité directement en justice l’ex-député fédéral indépendant Laurent Louis en 2014 pour avoir publié ces propos antisémites et négationnistes sur son blog: “Certes Jean-Marie Le Pen a dit que les chambres à gaz n’étaient qu’un détail de l’Histoire de la seconde guerre mondiale et cela peut choquer mais en y réfléchissant un peu, est-ce si faux que cela?” Unia s’est joint à l’action en se constituant partie civile, parallèlement à d’autres organisations.

    En 2015, Laurent Louis a été condamné en première instance par le tribunal correctionnel de Bruxelles à une peine de 6 mois d’emprisonnement avec sursis, une amende de 18.000 euros et une peine d’inéligibilité de 6 ans. La cour d’appel a suspendu cette peine en 2017, à condition qu’il visite chaque année pendant 5 ans un ancien camp de concentration nazi (Auschwitz, Treblinka, Birkenau, Maïdanek et Dachau) et qu’il en fasse un compte-rendu sur son blog personnel dans le mois de son retour.

    Le procès de l’attentat du Musée juif en 2018

    Enfin, Unia s’est également constitué partie civile dans un procès qui commence cette année: l’attentat meurtrier du Musée juif du 24 mai 2014. La chambre du conseil de Bruxelles a décidé cette semaine que les trois suspects seront jugés devant une cour d’assise.

    Le signalement paie

    Es-tu déjà tombé sur des déclarations antisémites ou négationnistes? Sache que tu peux les signaler à Unia. Nous t’aiderons gratuitement et en toute confidentialité.