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Tribunal correctionnel du Limbourg, division Tongres, 13 février 2023

Dans cette affaire de violence raciste, le tribunal correctionnel déduit le mobile haineux des propos tenus à l'égard de la victime et de la police. L'état d'ébriété avancée du prévenu ne constitue pas une excuse.

[Avertissement : les jugements et arrêts peuvent contenir un langage offensant].

Publié : 13/02/2023
Domaine(s) : Société
Critère(s) de discrimination : Racisme
Infraction(s) à la loi : Délit de haine, Coups et blessures
Pouvoir judiciaire : Tribunal correctionnel
Juridiction : Limbourg
Unia partie (civile) : non

Les faits 

Un homme de 62 ans, de nationalité togolaise, a été sévèrement battu sans raison apparente alors qu'il attendait le bus. Au cours de l'agression, le prévenu a crié à la victime : "Retourne au Rwanda, retourne au Burundi". Devant la police, l'auteur de l'agression avait qualifié la victime de "singe brun", d'"homme brun" et de "terroriste".

Qualification juridique

Le ministère public avait poursuivi le prévenu pour:

  • Coups et blessures volontaires causant une maladie paraissant incurable ou une incapacité de travail personnel de plus de 4 mois (article 400 ancien Code pénal) avec mobile discriminatoire comme circonstance aggravante (article 405quater ancien Code pénal).

Décision

Le tribunal correctionnel a estimé la prévention établie.

Le mobile haineux a été déduit des propos racistes tenus par le prévenu tant pendant l'agression qu’après celle-ci, devant la police.  

Le fait que le prévenu soit très ivre au moment des faits ne constitue pas une excuse.

Le prévenu a été condamné à 2 ans d'emprisonnement et à une amende de 2 000 euros. En ce qui concerne la peine d'emprisonnement, un sursis probatoire a été accordé pour une durée de 5 ans, mais seulement pour la partie d'un an.

L'agression a eu de graves conséquences pour la victime : frais médicaux, invalidité permanente, stress post-traumatique...).

La victime a reçu des dommages et intérêts d'un montant de 24 569,29 euros et une indemnité de procédure de 3 000 euros.

Points d’attention

Unia n'était pas partie au procès mais a fourni un soutien juridique à la victime et l'a orientée vers des services de soins spécialisés. Cette intervention d'Unia a été possible parce que la police a informé la victime de l'assistance juridique possible d'Unia conformément aux instructions de la COL13/2013.

La violence raciale gratuite n'est pas un cas isolé : près de la moitié des personnes d'origine africaine dans l'UE ont été confrontées au racisme et à la discrimination dans leur vie quotidienne. 

Plus de 4 ans après les événements, la victime souffre encore des conséquences psychologiques de l'agression. Ceci illustre l'impact des crimes de haine sur le bien-être psychosocial de la victime.

Unia n'était pas partie à la cause.

En abrégé : Corr. Limbourg, div. Tongres, 13-02-2023 – numéro de rôle 19T000646

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