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Tribunal du travail de Bruxelles (francophone), 4 mai 2015

Un stagiaire dans un hôtel fait une déclaration au service des ressources humaines pour harcèlement. En conséquence, le requérant dans cette procédure est licencié. Le requérant saisit le tribunal du travail pour obtenir une indemnité de licenciement et une indemnité pour licenciement discriminatoire.

[Appel: Cour d'appel de Bruxelles (francophone), 14 novembre 2017]

Publié : 04/05/2015
Domaine(s) : Emploi
Critère(s) de discrimination : Discrimination fondée sur l’orientation sexuelle
Infraction(s) à la loi : Discrimination (civil), Discrimination directe, Infraction loi bien-être et/ou code pénal social
Pouvoir judiciaire : Tribunal du travail
Juridiction : Bruxelles
Unia partie (civile) : non

Les faits

Le demandeur, d’origine britannique, est employé dans un hôtel bruxellois depuis plusieurs années. Il y rencontre un stagiaire sur lequel il a autorité et l’invite à un rendez-vous. La soirée ne se passe pas bien et le stagiaire fausse compagnie au demandeur. À la fin de son stage, le stagiaire dépose une déclaration pour se plaindre d’un harcèlement auprès du service du personnel. Un témoin confirme les faits. Le demandeur confirme une partie des faits qui lui sont reprochés. La direction est avertie des faits et licencie le demandeur pour faute grave, en invoquant la rupture de la confiance. Le demandeur demande alors au tribunal du travail le payement d’une indemnité compensatoire de préavis et d’une indemnité pour licenciement discriminatoire. 

Décision

Le tribunal du travail insiste sur le fait que le conflit qui oppose le demandeur à un collègue a eu lieu dans un cadre privé et n’a pas entrainé de conséquences néfastes sur le plan professionnel pour le stagiaire. Celui-ci a en effet demandé, peu de temps avant l’envoi de sa plainte, à être réintégré dans le service du demandeur après avoir été transféré, dans le cadre de son stage, à une fonction d’accueil. L’hôtel a également attendu 2 mois avant d’agir sur base de la déclaration qu’avait déposée le stagiaire, et n’explique pas ce délai.

Le tribunal du travail conclut donc que le licenciement pour motif grave n’était pas justifié. En outre, le tribunal du travail souligne que la lettre de licenciement insiste sur la nature homosexuelle du harcèlement dont le demandeur est accusé. La lettre fait de nombreuses références à l’orientation sexuelle du demandeur et pas exclusivement à sa vie sexuelle, ce qui permet de présumer que cette orientation sexuelle a joué à un rôle dans la décision de licenciement. Le tribunal du travail condamne donc l’employeur au payement de l’indemnité forfaitaire pour licenciement discriminatoire. 

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