L'employeur verse des dommages-intérêts pour harcèlement au travail
Une employée est systématiquement malmenée par ses collègues en raison de la couleur de sa peau et de son origine africaine. Après des rapports internes sans résultat, elle s'adresse à Unia. Une intervention psychosociale formelle n'aboutit pas non plus à une solution : l'une des mesures prises par l'employeur consiste à changer la victime d'équipe. L'employée elle-même démissionne après ce nouveau coup dur.
Contexte
Une femme commence un nouvel emploi et, peu après, est victime de harcèlement et de (micro)agressions de la part de collègues de l'équipe de nuit, en raison de la couleur de sa peau et de son origine africaine. Elle signale les faits à plusieurs reprises en interne et participe à des entretiens et à une médiation externe, mais ne constate aucune amélioration substantielle. Elle continue à subir des humiliations, des attitudes hostiles et des formes subtiles d'exclusion. Le harcèlement permanent érode son estime de soi et provoque des sentiments d'anxiété et de morosité. Finalement, elle se retrouve en incapacité de travail.
Solution négociée
Après avoir contacté Unia, la femme a soumis une demande formelle d'intervention psychosociale au service de prévention externe. L'employée a eu beaucoup de mal à raconter les nombreux faits. Le rapport du conseiller reprend les faits et montre la dynamique d'équipe sous-jacente qui a rendu cette situation possible. Le conseiller en prévention n'attribue toutefois pas de responsabilité individuelle, mais identifie la "dynamique de groupe" comme la cause. L'employeur propose ensuite un certain nombre de mesures , notamment
- changement de poste pour la femme
- communication aux travailleurs concernés
- sensibilisation plus large au sein de l'organisation
Cependant, la femme n'est pas d'accord avec le changement d'équipe. Elle le vit comme un désavantage supplémentaire, comme une mesure de rétorsion. Cela est interdit par la législation anti-discrimination. Elle décide finalement de démissionner.
Reconnaissance et compensation
L'employeur reconnaît l'impact de la situation et la perception de la mesure. Par conséquent, l'entreprise s'engage à verser une indemnité correspondant à 5 mois de salaire brut et à fournir une référence positive pour les futures demandes d'emploi.
Mesures structurelles
L'employeur s'engage à prendre les mesures structurelles suivantes :
- Les employés et les cadres des RH suivent l'apprentissage en ligne gratuit sur eDiv.
- L'organisation procède à une analyse rapide de la non-discrimination.
- Une personne de référence est désignée comme point de contact interne pour les questions relatives à la discrimination et au harcèlement.