Les Roms sont des citoyens de première zone

8 Avril 2020
Domaine d'action: Vie en société
Critère de discrimination: Racisme

Unia saisit l’opportunité de la journée internationale des Roms pour rappeler son engagement en faveur du respect des droits des personnes roms. Les discriminations qu’ils subissent sont encore une réalité en Belgique en 2020. Heureusement, les choses évoluent, notamment devant la justice.  

Être rom, c’est appartenir à une communauté ethnique immigrée des pays d’Europe de l’Est. Mais être rom, c’est aussi devoir porter des étiquettes qui leur collent à la peau : criminalité, précarité, marginalité, mendicité… Des étiquettes qui crient "problème" et qui mènent à des discriminations dans l’emploi, l’enseignement, les soins de santé et le logement.

Unia veut remettre les pendules à l’heure. Les Roms sont des citoyens à part entière. La plupart sont européens et ont donc les mêmes droits que tous les Européens. Leurs droits ont d’ailleurs été défendus récemment devant la justice belge. Le tribunal correctionnel de Gand a condamné pour la première fois une agression raciste vis-à-vis de Roms. Unia était partie civile aux côtés des victimes.

Changer de perception

Pour Unia, il est essentiel de travailler sur la perception de cette communauté. Selon le dernier Eurobaromètre, 22 % des Belges interrogés ne se sentiraient pas à l’aise s’ils avaient un Rom comme collègue direct, 38 % ne leur font pas confiance pour être des dirigeants politiques et 41 % préféreraient ne pas avoir un beau-fils ou une belle-fille rom. 

Les Roms constituent pour de nombreuses personnes une catégorie de la population relativement méconnue. Les médias ne parlent des Roms qu’en termes négatifs. Les modèles et les bonnes pratiques ne sont pas mis en avant. Cela a un impact majeur sur la perception des Roms par eux-mêmes et par les autres.

Travailler ensemble contre les stéréotypes

Unia continue de travailler pour défendre les droits fondamentaux des Roms. Nous demandons aux autorités de développer une nouvelle stratégie nationale d’intégration des Roms. Entre temps, le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale a décidé d’élaborer, en collaboration avec Unia, une stratégie pour la communauté rom axée sur la formation, la concertation et l’engagement de stewards roms.

Unia surveille également l'impact spécifique de la crise du coronavirus sur la communauté rom et les gens du voyage en Belgique. Unia demande aux autorités à tous les niveaux de veiller à la situation spécifique de ces minorités. Dans ce cadre-là, Unia et le Centre de Médiation des Gens du Voyage et des Roms en Wallonie ont envoyé un courrier aux bourgmestres mi-mars pour les sensibiliser à la thématique : les Roms et les gens du voyage qui séjournent sur des terrains d’accueil ou dans des campings doivent pouvoir y rester pendant la durée de la crise.

Articles comparables

2 Juin 2022

Agression raciste d’un éboueur : une condamnation logique

Le tribunal correctionnel de Dinant vient de condamner l’agresseur d’un jeune éboueur d’origine africaine à une peine de travail de 100 h et une amende de 800 € pour coups et blessures avec la circonstance aggravante du mobile raciste. « Unia s’était constitué partie civile et nous nous félicitons que cette agression raciste et totalement gratuite soit sanctionnée » explique Patrick Charlier, directeur d’Unia. 

9 Mars 2022

Guerre en Ukraine : travailler ensemble pour assurer une protection efficace des personnes fuyant la guerre

Myria, Unia, le Service de lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale, l’Institut pour l'égalité des femmes et des hommes (IEHF) et l'Institut fédéral pour la protection et la promotion des droits humains (IFDH) saluent l'attitude proactive du gouvernement belge pour obtenir une protection rapide des personnes fuyant la guerre en Ukraine.

25 Octobre 2021

Joyce : « Ça serait déjà un grand pas si cette génération ose s’exprimer sur le racisme et la discrimination »

En 2020, Joyce et son petit ami rentrent dans la librairie De Slegte à Louvain. Une femme les interpelle et les traite de « sales étrangers ». Joyce filme l’interpellation et sa vidéo devient rapidement virale. À la suite de cet événement, Joyce est allée en justice et a pu compter sur le soutien d’Unia. Elle vous raconte son histoire.