Des pistes concrètes pour améliorer le transport scolaire en Wallonie et à Bruxelles

9 Mars 2018
Domaine d'action: EnseignementBiens et services
Critère de discrimination: Handicap

Le transport scolaire vers l’enseignement spécialisé soit être repensé et refinancé. Aujourd’hui, 1500 enfants en situation de handicap passent plus de trois heures par jour dans un bus pour se rendre dans leur école et revenir à la maison. Unia propose des solutions avec La Ligue des Familles et le Délégué général aux droits de l’enfant.

Des pistes concrètes pour améliorer le transport scolaire en Wallonie et à Bruxelles

Charlotte monte dans son bus scolaire à 6h45 du matin pour n’arriver dans son école que vers 8h20. Le soir, elle remonte dans le bus à 15h30 et ne passe la porte d’entrée de sa maison qu’entre 17h30 et 18h30. Et elle n’est pas la seule dans son cas. Passer plus de 3h par jour dans un bus, c’est le quotidien de 1500 enfants scolarisés dans l’enseignement spécialisé en Wallonie et à Bruxelles.

Les conséquences de cette situation sont pointées du doigt par les parents: crises de stress, fatigue extrême, dégradation de la capacité d’apprentissage, absence de vie sociale et familiale, aggravation du handicap… et parfois même exclusion du bus et déscolarisation.

Unia a organisé avec La Ligue des Familles et le Délégué général aux droits de l’enfant une après-midi d’échanges le 7 mars dans le but de dégager des solutions pour améliorer la vie des enfants. Parents, directeurs d’écoles, représentants politiques et des transports scolaires ont pu partager leurs points de vue de manière constructive.

Comment améliorer le quotidien de ces enfants?

Unia, La Ligue des Familles et le Délégué général aux droits de l’enfant défendent plusieurs changements, notamment :

  • Limiter la durée des trajets à 1h/trajet, soit 2h/jour, temps d’attente compris. Cette mesure nécessite le dégagement de moyens budgétaires supplémentaires.
  • Utiliser des bus plus petits. Cela entraînera un meilleur encadrement des enfants (maximum 12 enfants par bus) et une diminution du temps de trajet (car il y a moins d’enfants à aller chercher).
  • Améliorer le statut des accompagnateurs pour diminuer le turn-over et améliorer leur formation. Des accompagnateurs bien formés et qui connaissent les enfants limitent les tensions susceptibles de se créer dans le bus.
  • Faciliter la communication avec les parents en désignant une personne de référence qui gère les conflits et qui répond aux questions et aux requêtes des parents.
  • Assurer les transports en commun gratuits pour les parents qui ne recourent pas au transport scolaire et accompagnent leurs enfants pour aller à l’école.
  • A Bruxelles, que les bus des élèves de l’enseignement spécialisé puissent emprunter les sites propres de la Stib et les tunnels.

Ces pistes ont été présentées aux ministres Fadila Laanan et Carlo Di Antonio, en charge du transport scolaire respectivement pour la Cocof (Bruxelles) et en Wallonie. Il leur est demandé de dégager des moyens financiers pour mettre fin rapidement à cette situation indigne.

A long terme, Unia estime toutefois que la réponse à cette problématique est l’enseignement inclusif. Si toutes les écoles accueillaient les enfants en situation de handicap, moyennant les aménagements nécessaires, chaque enfant pourrait aller à l’école près de chez lui et cela diminuerait fortement les problèmes liés au transport scolaire.