Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé: les communes ont un rôle à jouer!

16 Août 2018
Domaine d'action: Enseignement
Critère de discrimination: Handicap

Bientôt la rentrée ! Bientôt les bus scolaires reprendront leurs tournées. Et une fois encore, il faut alerter car rien ou presque n’a changé pour de trop nombreux enfants pour qui le chemin de l’école est un supplice quotidien.

Transport scolaire vers l’enseignement spécialisé: les communes ont un rôle à jouer!

À la veille des élections communales, le Délégué général aux droits de l’enfant, la Ligue des familles et Unia veulent à nouveau dénoncer la situation de maltraitance qui persiste à l’égard des enfants de l’enseignement spécialisé dans les transports scolaires. Pour soutenir ces enfants et leurs familles, les communes ont leur rôle à jouer !

Des trajets bien trop longs (jusqu’à 6h par jour !) pour des bus bien trop grands (parfois 50 enfants) et un accompagnement insuffisant (un personnel peu et souvent pas formé, voire absent). Un temps dans ces bus vécu parfois comme un enfer et certains enfants qui vont jusqu’à développer des traumatismes, des phobies scolaires ou qui voient leurs apprentissages régresser tandis que la fatigue leur prend toute énergie et les empêche de vivre une vie familiale et sociale épanouie. Voilà la triste situation qui nous est relatée par les parents depuis plus d’une décennie. Mais le nombre de familles concernées ne semble pas atteindre la masse critique suffisante pour faire bouger les choses dans le bon sens.

On ne peut plus attendre !. En juin 2017, la Ligue des familles publiait une étude sur ces transports scolaires en Wallonie et à Bruxelles ; en mars 2018, nos trois organisations réunissaient les acteurs de la problématique autour de la parole des enfants concernés. De ces travaux et discussions nous avons tirés des pistes de solutions. Et certains leviers pour transformer la réalité quotidienne de ces enfants se trouvent au niveau communal.

Un engagement pour une école plus inclusive

Les communes sont un pouvoir organisateur pour les écoles communales de leur territoire. À ce titre, elles doivent s’engager pour des écoles plus inclusives qui ont les ressources et la volonté d’accueillir tous les enfants. Quand des enfants doivent se tourner vers le spécialisé et faire parfois jusqu’à 6h de trajet par jour pour aller et revenir de cette école : c’est un non-sens. L’école la plus proche de chez eux devrait être capable de les accueillir. La politique communale peut porter cet idéal-là.

Pour y parvenir, les pistes à la disposition des communes sont multiples : favoriser les collaborations entre les écoles de l’ordinaire et du spécialisé via des pôles territoriaux, organiser le rapprochement physique et organisationnel des systèmes ordinaire et spécialisé, généraliser certains outils comme la pédagogie différenciée… comme le préconise le Pacte pour un Enseignement d’excellence.

Des mesures pour le court terme

Tandis que l’enseignement inclusif doit rester l’objectif, d’autres mesures peuvent être mises en place au sein des écoles de l’enseignement spécialisé et dans la commune pour améliorer le quotidien de ces enfants et de leur famille :

- L’organisation de garderies dans les écoles du spécialisé pour que les parents qui le peuvent puissent venir eux-mêmes chercher leur·s enfant·s.

- Le respect de l’obligation des aménagements raisonnables et la mise en œuvre du nouveau décret dans l’enseignement ordinaire.

- Un temps laissé dans ces écoles pour la décompression après des trajets en bus éprouvants et avant de commencer les cours.

- L’autorisation de l’utilisation des couloirs de bus sur les voiries communales aux bus du transport scolaire là où ce n’est pas encore le cas et que le trajet du bus s’en trouve rallongé.

Mais les communes peuvent encore être une source d’inspiration et montrer l’exemple : elles sont aussi employeuses. Les parents qu’elles emploient et qui le souhaitent devraient pouvoir s’occuper eux-mêmes des trajets de leur·s enfant·s vers l’école. Un intervenant à nos échanges le formulait ainsi : « Pourquoi pas des aménagements raisonnables pour les parents ? » Pourquoi pas, en effet ?

Les communes peuvent agir concrètement, elles doivent être le niveau de pouvoir qui se préoccupe de chacun : de chaque enfant en situation de handicap et de chaque famille qui l’épaule dans son parcours. Elles doivent trouver des solutions sans tenir compte d’une quelconque masse critique. Même si un·e seul·e enfant continuait de vivre cette situation, elle resterait inacceptable.