Condamnation d’un propagandiste pour des messages de haine sur les réseaux sociaux

10 Février 2022
Domaine d'action: Internet
Critère de discrimination: Racisme

Le tribunal de première instance de Louvain vient de condamner un propagandiste pour incitation à la haine sur le réseau social MeWe. Unia s’était constitué partie civile et se réjouit de cette condamnation. 

Le prévenu a été condamné à une peine de travail de 100 h. Il a entre-temps supprimé ses messages à la demande d’Unia et a dû payer un dédommagement de 500 euros à Unia. Il a totalement rompu les liens avec le milieu d’extrême-droite et s’est excusé lors des auditions. 

Entre janvier 2018 et juillet 2020, le prévenu avait diffusé des photos, des mèmes et des textes comportant des messages de haine explicites et une glorification de la violence à l’égard des personnes d’origine étrangère ou des réfugiés sur divers réseaux sociaux, dont MeWe. Il s’agit d’une plateforme sociale américaine similaire à Facebook, mais qui garantit une plus grande confidentialité à ses utilisateurs, ce qui explique sa popularité parmi les milieux d’extrême-droite.  

Connu des services de l’OCAM (Organe de coordination pour l’analyse de la menace), le prévenu gérait des comptes sur les réseaux sociaux à la demande des dirigeants de l’ex-division limbourgeoise du mouvement nationaliste flamand Voorpost. Il s’est notamment réjoui des attentats terroristes contre deux mosquées en Nouvelle-Zélande, qui ont coûté la vie à 51 personnes, et a manifesté son admiration pour l’auteur des faits, Brenton Tarrant. 

Il a aussi publié d’autres messages de haine comme par exemple : une illustration d’une femme armée avec, en légende, « I am white and I am proud I will not mix my blood with non whites », une photo d’un soldat allemand avec son arme en joug et le titre « Welcome Refugees », ou encore une illustration d’Hitler avec, en légende, « Heroes get remembered, legends never die ». Son profil internet comportait également de nombreux symboles néonazis. 

Confirmation d’une tendance alarmante 

Unia observe une tendance croissante à la radicalisation et une glorification de la violence au sein de la mouvance d’extrême-droite dans notre pays. L’activisme anti-islam et anti-réfugiés durcit le ton. Le discours de ces groupes ne se concentre plus exclusivement sur les musulmans et les réfugiés. Il s’attaque aussi aux hommes et femmes politiques, qualifiés de traîtres. Des groupuscules d’extrême-droite menacent même parfois de perpétrer des actes de violence sur des cibles de la communauté musulmane, des centres de réfugiés ou du monde politique. 

Unia ouvre un peu plus de 300 dossiers par an suite à des messages de haine sur les réseaux sociaux. Souvent, les plateformes suppriment elles-mêmes les propos et images incriminés. Seuls quelques-uns aboutissent au tribunal et à une condamnation.

« Nous nous félicitons de cette condamnation, qui constitue un pas de plus dans la lutte contre la haine en ligne, après d’autres condamnations similaires l’année dernière. Unia prône par ailleurs depuis longtemps des mesures alternatives à des sanctions pénales, comme des formations spécifiques pour les auteurs de discours et de délits de haine . Nous sommes en contact avec les maisons de justice, qui jouent un rôle crucial pour la mise en place d’une approche structurée » conclut Patrick Charlier, directeur d’Unia. 

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