Identitaires Ardenne : les deux administrateurs condamnés à six mois de prison sans sursis

23 Octobre 2020
Domaine d'action: Internet
Critère de discrimination: Racisme

Le tribunal correctionnel de Neufchâteau s’est prononcé dans une affaire de discours de haine en ligne ce 22 octobre 2020. Les deux administrateurs de la page Facebook Identitaires Ardenne ont été reconnus coupables d’incitation à la haine et à la violence.  

En avril 2017, après avoir été alerté par plusieurs citoyens, Unia a porté plainte contre les administrateurs du groupe Facebook « Identitaires Ardenne » pour incitation à la haine et à la violence. L’enquête judiciaire a confirmé les soupçons, et l’institution s’est ensuite constituée partie civile avec l’accord de son conseil d’administration.   

Selon le tribunal correctionnel, les deux administrateurs du groupuscule Identitaires Ardenne ont clairement incité à la haine et à la violence. Ces deux personnes ont été condamnées à une peine de prison de 6 mois et une amende de 800 euros. En plus chacun des deux devra payer un euro symbolique au Centre interfédéral Unia et 1.140 euros à titre d'indemnité de procédure. 

« Faites votre devoir de patriote. Combattez l’Islam. Rejoignez-nous ! » ce texte était écrit sous une affiche représentant une personne armée en tenue camouflage. C’est un exemple de publication présente sur la page Facebook du groupe « Identitaires Ardenne ». Suivi par plus de 2.000 personnes sur Facebook, selon ses propres dires « Identitaires Ardenne défend les intérêts de notre patrimoine face aux revendications et à la conquête de notre territoire par une civilisation archaïque ». 

Selon Unia, les propos publiés sur la page incitaient nettement à la haine et à la violence. La publication et le partage de contenus haineux sur les réseaux sociaux sont non seulement contraires à la loi, mais peuvent avoir des conséquences dramatiques sur le vivre-ensemble dans une société démocratique. Alors que la liberté d’expression est une des pierres angulaires de la démocratie, l’incitation à la haine ou à la violence en constitue la limite. Les récents évènements en France – l'assassinat de l’enseignant Samuel Paty - montrent tragiquement à quel point l’incitation à la haine et à la violence sur les réseaux sociaux peut avoir des conséquences graves.

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