À l’occasion de la Pride 2018, Unia dévoile ses chiffres sur l’homophobie

22 Mai 2018
Domaine d'action: Vie en société
Critère de discrimination: Orientation sexuelle

En 2017, Unia a ouvert  un total 84 dossiers pour des discriminations ou violences en raison de l'orientation sexuelle. C'est un peu moins qu'en 2016, mais ce chiffre reste dans la moyenne des 90 dossiers annuels ouverts depuis 2010. L’année passée, 30% de ces dossiers concernaient le domaine « Vie en société » qui regroupe les faits qui se produisent dans l’espace public, dans les relations de voisinage ou au niveau intra-familial.

À l’occasion de la Pride 2018, Unia dévoile ses chiffres sur l’homophobie

Pour Patrick Charlier, directeur d’Unia, cela donne une indication qui doit interpeller : « Ce domaine de la « Vie en société » arrive en première position sur le critère orientation sexuelle, c’est une vraie singularité par rapport autres critères protégés. Cela démontre une forme d’intolérance et d’hostilité émotionnelle, un rejet quasi instinctif qui se traduit dans l’espace public, parfois de manière très violente. Un constat inquiétant alors qu’il y a depuis de très nombreuses années une reconnaissance légale et donc une acceptation de l’égalité (mariage entre personnes de même sexe, adoption etc.) ».

Violences homophobes

L’actualité récente a été marquée par un nouveau cas d’agression physique à caractère homophobe dans le centre de Bruxelles. Deux hommes se tenant la main ont été victimes de coups et de propos haineux. En 2017, Unia a ouvert 8 dossiers pour agressions physiques (coups et blessures). « C’est évidemment intolérable et il faut que la société dans son entièreté condamne fermement ce genre de faits et que les autorités puissent retrouver et punir les auteurs », s’insurge Patrick Charlier. Qui pointe également les agressions verbales qui sont tout aussi traumatisantes pour les victimes et qui, souvent, sont les prémisses d’un passage à l’acte : « Si on additionne les faits de harcèlements, d’intimidation, de menaces et d’insultes verbales, nous totalisons l’année dernière 46 dossiers pour des cas d’agressions verbales ; et ce chiffre ne représente que notre activité, sans doute donc la

pointe de l’iceberg. Bon nombre de personnes homo/bisexuelles refusent encore de porter plainte à la police ou même de nous contacter, vu le contexte sociétal ou  familial relatif à l’homosexualité ».

Des avancées législatives 

Unia continue de plaider pour une amélioration de la législation anti-discrimination et lutter plus sévèrement contre  les délits de presse à caractère homophobe.

« Il y a toute une série de propos ou de littératures dont le caractère haineux envers les homosexuels ne peut être nié et il est troublant qu’ils ne soit pas punissables en pratique aujourd'hui », avance Patrick Charlier, directeur d’Unia. « En effet faute de correctionnalisation des délits de presse à caractère homophobe, ils relèvent de la Cour d’assises qui n’est de facto jamais réunie pour ce type d’infraction ».

À l’école

Pour Unia, l’école reste le lieu prioritaire où l’acceptation des différences, quelles qu’elles soient, doit être discutée et encouragée. «En ce qui concerne les jeunes homosexuels, beaucoup pensent qu'un climat plus positif et non-discriminant prévaut dans les écoles. Cependant, notre récente Baromètre consacré à la Diversité dans l’Enseignement montre que la moitié des enseignants du secondaire n’abordent pas le sujet. L’étude met également en évidence que 70% des enseignants et des directeurs désirent bâtir une école où les élèves LGBT se sentent les bienvenus, mais dans le même temps 30% d’entre eux affirment que leur école n’est pas encore en mesure de s’adapter aux réalités nouvelles comme par les familles homoparentales ». C’est pour cela qu’Unia recommande une approche structurelle vis-à-vis des jeunes LGB (lesbiennes, gays et bisexuels). « Les acteurs de l’enseignement doivent développer une approche anti-harcèlement, en évitant l’hétéronormativité, et en proposant une perspective adaptée  dans la formation sexuelle et relationnelle », insiste Patrick Charlier.

Année électorale #YourLocalPower

À l’approche des élections communales d’octobre 2018, les organisateurs de la Pride veulent encourager les administrations communales à mener une politique locale d’acceptation des LGBT sous le slogan #YourLocalPower. Unia soutient cette demande pour des actions concrètes en faveur des droits des personnes homo/bisexuelles au départ des politiques locales et a d’ailleurs lancé récemment son site internet www.lechoixegalite.be où Unia propose des conseils et des exemples concrets (bonnes pratiques, initiatives nouvelles etc.) à adopter par les communes.

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