Une nouvelle enquête le confirme : la discrimination dans le logement continue de sévir

13 Mars 2015
Domaine d'action: Logement

Dans un cas sur trois, les personnes qui ont un nom à consonance étrangère se voient discriminées dans leur recherche d’un logement. C’est ce qui ressort d’une enquête effectuée à la demande de la ville de Gand et à laquelle le Centre interfédéral pour l’égalité des chances a prêté son concours. Le Baromètre de la Diversité – Logement, présenté par le Centre il y a un an, attirait déjà l’attention sur ce phénomène avec des chiffres comparables.

L’enquête récemment effectuée par l’Université de Gand confirme malheureusement largement les résultats de l’étude publiée par le Centre en février 2014. Il ressort en effet des deux rapports que les personnes ayant un nom à consonance étrangère, un handicap (en l’occurrence visuel) et les personnes bénéficiant d’une allocation sociale obtiennent moins facilement un rendez-vous pour visiter un logement mis en location. Notre Baromètre de la Diversité - Logement spécifiait également que seul 1 agent immobilier sur 7 refusait d’obtempérer aux injonctions discriminatoires exprimées par les propriétaires (« ne pas louer à un étranger »).  En 2014, le secteur de l’immobilier reconnaissait d’ailleurs que des efforts devaient être entrepris pour contrer ce phénomène, mais les résultats un an plus tard sont peu encourageants. La ville de Gand et le Centre invitent donc l’Institut professionnel des agents immobiliers (I.P.I.) et  la Confédération des Immobiliers de Belgique (CIB) à prendre des initiatives volontaires pour mettre fin à ces infractions à la loi Antidiscrimination.

Le secteur immobilier se trouve dans une position comparable à celle, notamment, des bureaux intérim, des entreprises de titres-services ou des compagnies de taxis. Dans ces secteurs, l’intérimaire, l’aide-ménagère ou le chauffeur de taxi ignorent ou peuvent difficilement prouver qu’ils sont écartés d’une mission, sauf lors de rares cas de flagrant délit. Travailler uniquement de manière réactive, via l’enregistrement et le suivi de signalements de discrimination, n’est donc pas une option. À côté d’un travail de sensibilisation, un contrôle fiable peut être organisé, par exemple via le système de « mystery clients ». Ce système est d’ailleurs déjà appliqué dans d’autres secteurs (loterie nationale, vente de cigarettes et d’alcool,…). Aujourd’hui, ce manque de contrôle porte préjudice aux entreprises et bailleurs de bonne foi, qui souffrent de « concurrence déloyale » face à ceux qui ne respectent pas la loi. 

Il y va donc de l’intérêt des entreprises qui respectent les règles et de celui de la société dans son ensemble que les autorités contrôlent le respect des lois. La ville de Gand a pris l’initiative de le faire et les résultats devraient inspirer d’autres villes et les autorités régionales à suivre cet exemple. Depuis la 6e réforme de l’État, les Régions sont en effet compétentes pour cette matière. Le Centre se tient à leur disposition pour les accompagner et leur fournir l’expertise nécessaire.

Lien vers Le Baromètre de la Diversité – Logement

Photo: Pleuntje Jellema