En Belgique, la couleur de peau est toujours un obstacle

28 Novembre 2018
Domaine d'action: Tous les domaines
Critère de discrimination: Racisme

En Europe, les personnes d’origine africaine sont encore trop souvent victimes de discriminations et de harcèlement en raison de la couleur de leur peau. Ce constat ressort d’une étude menée auprès de 6 000 personnes noires dans divers Etats membres de l’Union européenne par la FRA*, l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. En Belgique également, la situation de ce groupe de population reste inquiétante, comme le rélève Unia.

Si la Belgique n’est pas un des pays qui ont fait l’objet d’une étude de la part de la FRA, les résultats obtenus concordent pourtant avec les constats qu’Unia a pu dresser. "Une étude à grande échelle réalisée sur le marché de l’emploi nous a révélé que le taux d’emploi des personnes d’origine d’Afrique subsaharienne était particulièrement bas. En 2014, 73% des personnes d’origine belge étaient employées pour un taux de 42,5% pour les personnes originaires d’Afrique subsaharienne", constate Patrick Charlier, directeur d’Unia. 

En outre, il apparaît que, parmi les salariés d’origine subsaharienne, 11% travaillent sous un contrat d’intérimaire, contre 3% pour les salariés d’origine belge. "Cette étude montre également que l’obtention d’un diplôme ne garantit pas la signature d’un contrat de travail à durée indéterminée. Près de 1 personne diplômée de l’enseignement supérieur et d’origine subsaharienne sur 10 travaille sous un contrat d’intérimaire. Pour les diplômés d’origine belge, on ne compte que 1 personne sur 100 dans ce cas."

Dans le domaine de l’enseignement, la situation n’est guère plus rassurante. Les statistiques de la Communauté française nous apprennent que les élèves de 5ème secondaire, originaires de la République démocratique du Congo, avaient accumulé le plus grand retard dans leur scolarité.  

Ce que nous révèle les signalements ouverts auprès d’Unia  

Entre 2010 et 2016, un dossier sur cinq portant la discrimination raciale, concernait des actes de "négrophobie", autrement dit le comportement discriminatoire ou raciste envers des personnes en raison de la couleur de la peau.  

Des stéréotypes du passé  

En 2011, Unia a mené une recherche sur les stéréotypes véhiculés autour de divers groupes de population. Les personnes à la peau noire sont souvent décrites comme "fiables", "honnêtes" et "tolérantes" mais aussi comme "paresseuses", "inférieures" ou encore "moins civilisées" que les autres groupes. "Ces préjugés caricaturaux qui ont la peau dure sortent tout droit de la propagande coloniale. Au 21ème siècle, le racisme reste aujourd’hui encore fortement imprégné de ce contexte colonial", conclut Patrick Charlier. Une réflexion et des actions déterminées doivent être entreprises notamment dans le cadre d’un plan d’action interfédéral de lutte contre le racisme. 

*L’Union européenne a créé l’Agence des droits fondamentaux de l’UE (FRA) pour fournir une assistance et des avis indépendants et fondés sur des données factuelles en matière de droits fondamentaux aux institutions et aux États membres de l’UE. La FRA est un organe indépendant de l’UE, financé par le budget de l’Union. 

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