Les personnes épileptiques sont encore stigmatisées

11 Février 2019
Domaine d'action: Tous les domaines
Critère de discrimination: HandicapAutres critères

Unia est allé en justice pour défendre un jeune ouvrier, licencié suite à une crise d’épilepsie sur son lieu de travail. Une discrimination directe, selon Unia. Consciente des enjeux auxquels font face les personnes épileptiques, la Ligue francophone belge contre l’Epilepsie, en collaboration avec Unia, a lancé la campagne de sensibilisation "Aujourd’hui, osons parler de l’épilepsie".

L’épilepsie, c’est quoi ?

L’épilepsie est une maladie neurologique chronique fréquente. Elle n’est pas contagieuse et touche hommes, femmes et enfants.

Il existe différentes causes, évolutions et traitements de cette maladie. Sous traitement médical, deux personnes épileptiques sur trois ne sont plus sujettes à des crises. La majorité d’entre elles ont d’ailleurs une vie de famille, sociale et professionnelle normale.

Toutefois, épilepsie rime encore avec stigmatisation, la maladie pouvant entraîner une situation de handicap dans un environnement inadapté et/ou hostile.

Une stigmatisation lourde de conséquences

La stigmatisation des personnes épileptiques a un impact sur tous les aspects de leur vie – les loisirs, l’éducation, l’emploi – mais aussi sur leur santé. Plus elles sont montrées du doigt, plus elles ont des crises et plus elles ont de crises, plus elles sont discriminées.

C’est dans le but de casser ces préjugés que la Ligue francophone belge contre l’Epilepsie a lancé sa campagne de sensibilisation "Aujourd’hui, osons parler de l’épilepsie" en partenariat avec Unia.

Plus de 100 personnes épileptiques ont contacté Unia depuis 2009 pour cause de discrimination sur base de leur maladie.

  • 40% des signalements liés à l’épilepsie et reçus par Unia concernent le monde du travail, les personnes épileptiques peinent à trouver un emploi : leur maladie n’est pas prise en compte ou, au contraire, est dramatisée ; certaines orientations professionnelles leur sont déconseillées ; elles sont licenciées suite à une crise ; des aménagements raisonnables leur sont refusés.
  • À l’école, c’est pareil. Les élèves épileptiques ne bénéficient pas toujours d’aménagements raisonnables ou sont parfois exclus de voyages scolaires, de stages voire même d’écoles.
  • D’autres discriminations existent aussi dans le secteur du logement (surprimes excessives ou exclusion d’assurances) et des services (refus des chiens d’assistance dans des lieux publics).

Que faire si vous avez été discriminé·e à cause de l’épilepsie ?

Signalez-le à Unia via ce formulaire. Nous pouvons vous conseiller, vous orienter ou vous aider à trouver une solution.  

Dans certains cas, et toujours avec votre accord, nous allons en justice. Unia s’est ainsi constitué partie civile en 2018 dans le dossier d’un jeune ouvrier licencié d’une entreprise de travail adapté à cause de son épilepsie. L’employeur a accepté de mettre en place des aménagements raisonnables, conformément aux recommandations du médecin, pour une durée de quatre mois au minimum. Or, après un jour, l’ouvrier est licencié. L’employeur estimait finalement qu’il ne disposait pas de poste adapté pour ce travailleur. Pour Unia, il s’agit d’une discrimination directe fondée sur le handicap.