Un juge condamne la glorification du régime nazi

14 Juillet 2020
Domaine d'action: Vie en société
Critère de discrimination: Racisme

Le tribunal correctionnel de Louvain a condamné un habitant de Keerbergen pour violation de la loi sur le négationnisme et la loi antiracisme. L’homme a écopé d’une peine d’un an de prison ferme et d’une amende de 800€. Unia, qui s’était constitué partie civile, recevra 500€. Tous les symboles et éléments nazis présents sur la façade devront être enlevés. "C'est une bonne chose pour une société démocratique que cette histoire prenne fin", réagit Patrick Charlier, directeur d’Unia.

"Nous avons épinglé dans le rapport annuel 2019 d’Unia l’usage de plus en plus fréquent et ouvert de symboles et de la rhétorique nazis dans l’espace public", regrette Patrick Charlier. "La justice a déjà condamné le salut hitlérien, en tant que référence explicite et consciente à l'idéologie fasciste. Quiconque fait ce geste incite à la haine ou à la violence. Avec la maison nazie de Keerbergen, c’est la symbolique nazie qui est désormais condamnée."

L’habitant est un fan d'Hitler qui a décoré sa maison de croix gammées, drapeaux et autres symboles nazis. Des messages antisémites étaient accrochés à un arbre et sur sa boîte aux lettres. Tous ces éléments étaient visibles depuis la voie publique, dans un quartier résidentiel où vivent également des enfants. La "maison nazie de Keerbergen" a été médiatisée à plusieurs reprises et l’habitant a également posé en faisant le salut hitlérien pour une interview.

Unia a reçu des signalements de voisins inquiets en 2018. Nous avons porté plainte et le parquet a saisi l’affaire pour glorification du génocide commis par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a enfreint la loi antiracisme, qui interdit l'incitation à la haine et à la violence.

L’homme n’a pas émis de remords face à ses actions. Son épouse a également déclaré qu’il continuerait ses méfaits si aucun interdit clair ne lui était imposé. C’est pourquoi Unia a explicitement demandé que les symboles soient retirés. Les autorités locales peuvent adapter le règlement de police afin d’interdire ce genre de pratiques.

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