L’attentat au musée juif de Bruxelles, un crime de haine à caractère antisémite

7 Janvier 2019
Domaine d'action: Vie en société
Critère de discrimination: Racisme

Si Unia a décidé de se constituer partie civile dans le dossier de l’attentat au musée juif, c’est parce qu’il y voit un acte de haine à l’égard des Juifs. "Les auteurs n'ont pas choisi leurs victimes au hasard, mais ils ont clairement ciblé les Juifs, c'est clair pour nous", souligne Patrick Charlier directeur d’Unia.  Nous tenons à ce que le caractère antisémite de cet acte soit reconnu.

“Ce crime de haine ne touche pas seulement les visiteurs, les travailleurs et leurs familles. Il s’agit aussi d’une menace pour toutes les personnes juives. Les auteurs ont voulu envoyer le message que tous les Juifs sont vulnérables et peuvent potentiellement subir le même sort”, insiste Patrick Charlier. 

Pas seulement un individu

Parce qu’un crime de haine touche plus qu’un individu mais toute une communauté, le législateur a prévu des peines plus lourdes. “On parle de circonstances aggravantes lorsqu’un crime ou un délit est commis avec un mobile lié à la haine, l’hostilité ou le mépris à l’égard des victimes pour ce qu’elles sont et ce qu’elles représentent”, explique Patrick Charlier.

“L’histoire récente nous apprend que ceux qui organisent et planifient des actes terroristes recourent aux discours de haine (« incitation à la haine, la violence et la discrimination ») pour recruter et convaincre des adeptes.  C’était le cas pour l’attentat au musée juif, mais également pour les fusillades de Mohamed Merah en France, pour l’attentat dans un club gay d’Orlando ou pour l’attaque dans l'église de Saint-Etienne du Rouvray”, ajoute Patrick Charlier.

Unia souligne encore que “s’attaquer aux personnes pour ce qu’elles sont, pour ce qu’elles représentent, c’est vouloir miner les fondements de notre société qui se construit sur le respect mutuel de chacune et de chacun quelle que soit son origine, son ascendance, sa couleur de peau, son orientation sexuelle, sa religion”.

Articles comparables

10 Décembre 2018

Unia s’inquiète de l’antisémitisme en Belgique

Unia demande aujourd’hui au Sénat pendant les auditions sur l’antisémitisme la réinstauration d’une cellule de veille contre l’antisémitisme. Unia demande aussi au ministre Kris Peeters, fraichement en charge de l’Égalité des chances, de faire le premier pas vers un plan d’action interfédéral pour lutter contre les discriminations et le racisme. L’antisémitisme demeure un problème persistant. L’Agence des droits fondamentaux (FRA) remet le sujet à l’ordre du jour avec son enquête à grande échelle menée auprès de 16.000 Juifs dans 12 pays de l’Union européenne.

8 Octobre 2018

Une fonctionnaire européenne victime de propos antisémites avant d’être frappée: l’agresseur condamné

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a donné raison à Unia et à une fonctionnaire européenne qui avait été victime de propos antisémites et de coups et blessures avec circonstance aggravante. “Le juge a qualifié les faits de graves et inadmissibles”, précise Patrick Charlier, directeur d’Unia, qui s’inquiète des agressions verbales et menaces à l’égard des Juifs de Belgique.