Non à la discrimination positive dans les entreprises, mais oui aux actions positives

17 Janvier 2019
Domaine d'action: Emploi
Critère de discrimination: Tous les critères

Les entreprises belges peuvent prendre des "actions positives". Cela signifie qu’elles peuvent, sous certaines conditions strictes, encourager l’emploi de certains groupes de la population, comme les personnes handicapées, les personnes d’origine étrangère ou les plus de 50 ans. "Il ne s’agit pas de discrimination positive", insiste Unia.

On parle de discrimination positive lorsqu’un candidat est sélectionné pour un job alors qu’il n’a pas les mêmes compétences que les autres candidats. "C’est clairement interdit", souligne Patrick Charlier, directeur d’Unia. "En tant qu’employeur, vous ne pouvez pas favoriser quelqu’un uniquement parce qu’il a – ou n’a pas – un handicap, un certain âge, une origine étrangère…"

À compétences égales

"La presse parle souvent de discrimination positive au lieu d’action positive. Or il s’agit de deux concepts très différents. Une entreprise peut donner la priorité à un candidat issu d’un groupe de la population sous-représenté à deux conditions : le candidat doit présenter des compétences, des aptitudes et des diplômes équivalents et cette priorité ne doit pas se faire de manière automatique."

Qu’est-ce qu’une action positive ?

Par des actions positives, les entreprises donnent un coup de pouce à certains groupes de la population, sans discriminer les autres candidats. Par exemple, une entreprise peut organiser des cours d’informatique pendant les heures de travail pour ses travailleurs âgés afin qu’ils suivent le rythme de leurs collègues plus jeunes. Autre exemple, une entreprise peut réserver une partie de ses stages à des étudiants issus de groupes moins favorisés. Après leur stage, ces jeunes devront passer les mêmes tests de sélection que les autres candidats s'ils veulent un contrat à durée indéterminée.

Le Conseil des ministres a récemment approuvé des règles strictes pour les entreprises qui veulent mener des actions positives. "Une consultation sociale obligatoire et une procédure d’approbation par le SPF Emploi garantissent que les actions positives ne dérivent pas vers de la discrimination d’autres candidats", ajoute Patrick Charlier.

Pas obligatoire

Patrick Charlier déclare également que "les employeurs ne sont pas obligés de prendre des actions positives. Mais nous savons que certains sont demandeurs. Des banques et des écoles ont déjà contacté Unia pour vérifier si elles pouvaient favoriser certains groupes de la population. Aujourd’hui, nous pouvons enfin leur dire oui, à condition de respecter les règles."

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