Assouplir les mesures corona sans discriminination fondée sur l’âge

20 Mai 2020
Critère de discrimination: Âge

Les plus de 65 ans se voient de plus en plus souvent soumis à l'occasion de l'assouplissement des mesures corona à d'autres règles que le reste de la population. Cependant, une personne de plus de 65 ans n’est pas l’autre. Unia estime qu’il existe suffisamment d’alternatives pour ne pas faire une distinction en fonction de l’âge, mais en fonction de l’état de santé réel, par exemple.

De plus en plus d'acteurs politiques, économiques ou médicaux proposent en prenant des mesures d’assouplissement de restreindre plus ou moins sévèrement la liberté des personnes de plus de 65 ans. Le critère 65+ est presque considéré comme une limite pouvant établir une distinction objective lors de l'assouplissement des mesures.   

Ainsi, il a d’abord été question d’un assouplissement du confinement, excepté pour les personnes de plus de 65 ans. Ensuite, il s'est avéré que seules les personnes de moins de 65 ans seraient autorisées à rendre visite à leurs proches dans un centre de soins résidentiel. Peu de temps après, est venue l’interprétation que les grands-parents sont autorisés à s'occuper de leurs petits-enfants, à moins qu'ils n'appartiennent à un groupe à risque. Ce groupe à risque a été défini non seulement en fonction de l'état de santé (par exemple, sur base de pathologies préexistantes), mais aussi du fait d’être âgé de plus de 65 ans. Dans toutes ces propositions, les personnes sont de plus en plus traitées différemment selon leur âge : qu'elles aient ou non plus de 65 ans 

Inquiétude chez les plus de 65 ans  

C'est pourquoi de plus en plus de personnes de plus de 65 ans - ou de personnes approchant cet âge - font part de leurs préoccupations à Unia. Certaines d'entre elles ne comprennent pas pourquoi les mesures qui leur sont appliquées sont plus strictes, alors qu'elles sont physiquement aptes. Les propositions faites ci-dessus concernant l'assouplissement du confinement font naître des inquiétudes, et n'ont souvent pas encore de base juridique.  

L'état de santé n'est pas la même chose que l'âge  

Unia tire donc la sonnette d’alarme et fait remarquer aux autorités qu'il existe suffisamment d'alternatives pour ne pas toujours différencier en fonction de l'âge. Unia est convaincu que les risques sanitaires posés par cette épidémie doivent être traités avec prudence. La fixation d’une limite d'âge peut sembler la façon la plus simple de poser une limite, mais ce critère manque souvent son but. De plus, les mesures prises de cette manière sont ressenties comme stigmatisantes.  

Unia demande donc qu’il soit tenu compte de la loi antidiscrimination : une limite d'âge ne peut être imposée que si cette distinction peut être objectivement et raisonnablement justifiée. En d'autres termes, la limite d'âge ne peut être imposée que si elle est nécessaire, proportionnée et appropriée pour contenir l’épidémie corona. Selon Unia, des alternatives moins extrêmes sont aujourd'hui possibles, qui ne mettent pas toute la population des plus de 65 ans sur un même pied, mais qui tiennent compte de l'état de santé réel des citoyens.   

Il importe que les autorités respectent et garantissent les droits humains des personnes âgées, également dans les mesures qui sont prises aujourd'hui. Unia demande donc aux autorités de veiller à ce que l'assouplissement des mesures ne discrimine pas, ne stigmatise pas ou n’infantilise pas les personnes de plus de 65 ans. 

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