Homophobie : l’augmentation du nombre de dossiers reçus par Unia pointe une tendance récurrente

2 Mai 2019
Domaine d'action: Tous les domaines
Critère de discrimination: Orientation sexuelle

Le nombre de dossiers de discrimination fondée sur l’orientation sexuelle est à son maximum. En 2018, Unia a traité 125 cas de personnes qui se sentaient victimes de discrimination parce qu’elles étaient homosexuelles. Il s’agit d’une augmentation de 38% par rapport à la moyenne des 5 dernières années. C’est clair : on ne peut parler de l’acceptation des personnes LGBT qu’avec des pincettes. Il subsiste une tendance récurrente de négativité à l’égard des personnes LGBT. 

Un couple homosexuel a été agressé dans une sandwicherie, un étudiant a été battu parce qu’il était gay, une personne revenant d'un évènement s’est fait violenter et traiter de “sâle tapette” en rentrant un soir chez lui. L’an dernier, Unia a enregistré 17 agressions physiques contre des personnes LGBT. Les insultes sont également monnaie courante pour les couples homosexuels qui s’embrassent dans des lieux publics. “En 2018, Unia a ouvert 42 dossiers de ce type, contre 26 en 2017”, précise Patrick Charlier, directeur d’Unia. 

Pas d’égalité de traitement 

À côté de ces agressions et insultes dans la rue et des lieux publics, Unia remarque également une augmentation d’incidents homophobes à l’égard de clients ou de locataires. “Nous avons aidé 17 victimes en 2018, c’est deux fois plus qu’en 2017. Il s’agissait de couples homosexuels qui n’arrivaient pas à un louer un appartement car le propriétaire voulait un ‘couple stable’ ou de conducteurs de bus ou de taxis qui ne voulaient pas prendre de clients LGBT”, explique Patrick Charlier. 

Aussi online 

Sur internet aussi, le nombre de dossiers ouverts pour des cas d’homophobie augmente. Unia en comptait 31 en 2018, contre 18 en 2017. “Cela va de commentaires haineux en-dessous d’articles du style ‘tous les pédés en prison’ à un internaute qui tweete une image d’un soldat nazi tirant avec une mitrailleuse en citant la Pride en passant par un forum ultra-catholique qui assimile l’homosexualité à la pédophilie”, ajoute Patrick Charlier. 

5 fois en justice 

Unia a décidé d’aller en justice cinq fois en 2018 dans le cadre de dossiers homophobes. “Il s’agissait d’agressions physiques ou verbales. Dans le cas d’affaires pénales, on ne négocie pas mais on va directement devant les tribunaux”, affirme Patrick Charlier. 

Une vigilance indispensable 

Sur base de ces chiffres, il est difficile d’affirmer que les personnes LGBT sont en sécurité en Belgique. “L’homophobie augmente-t-elle ? Nous ne pouvons pas le confirmer. Toutefois, nous savons que la violence verbale et physique contre les personnes homosexuelles est encore une réalité dans notre pays. Les réseaux sociaux et les médias la rend plus visible qu’avant. C’est donc logique que les victimes dénoncent plus rapidement les messages de haine et les discriminations.” 

“Unia doit rester vigilant. Les importants progrès juridiques que nous avons observés au cours des dernières années ne signifie pas que l’acceptation des personnes LGBT est totale dans notre société. En théorie, la plupart des gens n’ont aucun problème avec le mariage homosexuel jusqu’à ce qu’ils voient deux hommes marcher main dans la main. C’est dans ces moments-là que nous observons une homophobie sous-jacente dans différents groupes allant de voisins intolérants à des étudiants du milieu d’extrême droite”, explique Patrick Charlier. 

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